Hannah Arendt's World: Bureaucracy, Documentation, and Banal Evil

Michelle Caswell

Abstract


This paper applies Hannah Arendt’s theory of the banality of evil to documentation and recordkeeping practices, and posits that, despite its critics, Arendt’s conception of evil has much to offer archival studies. While influenced by the Marxian metaphor of the cog in the machine and the Weberian iron cage, Arendt presents a radical departure from previous conceptions of evil. While Arendt does not absolve bureaucrats from moral responsibility, she sheds light on the ways in which bureaucrats can become dehumanized and alienated from the ultimate goal of their labour through record-keeping regimes. Important criticisms of this theory as applied to records stress the importance of context, the agency of the record maker, and the ability of banal documentation to create a bureaucracy of good rather than evil. Yet, Arendt’s analysis of the nature of evil continues to provide insight into the minds of seemingly ordinary individuals who commit extraordinary evil, as its application to the current Khmer Rouge tribunal shows. Arendt’s conception of evil challenges archivists to keep the primacy of insidious evil at the forefront of appraisal, preservation and access decisions, and reminds us not to be complicit in bureaucracies of death.

RÉSUMÉ
Ce texte applique la théorie de Hannah Arendt sur la banalité du mal aux pratiques de documentation et de gestion de documents. Il postule qu’en dépit des critiques, la conception du mal telle qu’élaborée par Arendt peut contribuer énormément aux études en archivistique. Tout en étant influencée par la métaphore marxiste du rouage dans la machine et la cage d’acier de Weber, Arendt offre une toute nouvelle voie pour la conception du mal. Alors qu’Arendt n’acquitte pas les bureaucrates de leurs responsabilités morales, elle éclaire les façons dont les bureaucrates peuvent devenir inhumains et détachés du but ultime de leur travail par l’entremise des régimes de gestion de documents. Des critiques importantes de cette théorie telle qu’appliquée aux documents d’archives accentuent l’importance du contexte, le rôle du créateur des documents, ainsi que la capacité que comporte la documentation banale de créer une bureaucratie de bien plutôt que de mal. Pourtant, l’analyse d’Arendt sur la nature du mal continue de fournir un aperçu de l’esprit des individus qui, même s’ils ont l’air ordinaires, s’adonnent à des actes de mal extraordinaire, comme nous le montre l’application de cette théorie à la commission d’enquête actuelle sur les Khmers rouges. La conception du mal d’Arendt met au défi les archivistes de placer la primauté du mal insidieux au premier plan de leurs décisions d’évaluation, de conservation et d’accès, et elle nous rappelle de ne pas devenir complices des bureaucraties de la mort.


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Archivaria, The Journal of the Association of Canadian Archivists | ISSN: 1923-6409